Les Fieffés Truffiers
Marchands de truffes d'exception sur les routes de la Terre du Milieu
Nos produits phares
La Truffe Noire
Le "diamant noir" de nos forêts, au parfum puissant et aux notes de sous-bois. Un trésor de la terre.
La Truffe Blanche
Une rareté au parfum délicat et envoûtant, prisée par les plus grands seigneurs de l'Ouest.
La Truffe Dorée
Une légende que l'on ne trouve que dans les racines des Arbres Sacrés, aux confins du monde connu.
Un abonnement d'exception
"Pour les seigneurs et les gourmets ne pouvant souffrir l'attente, nous proposons un pacte de livraison régulière. Point n'est besoin d'attendre le passage de notre caravane : vos truffes vous seront portées par les vents, livrées par nos majestueux aigles de livraison directement à votre bastion ou demeure."
Où nous trouver
"Vous nous trouverez pour l’heure à l'abri d'une auberge nichée dans les collines d’Évendim. Nous reprendrons bientôt la route, cap vers l’Est. "
Étape actuelle
Colline d'Evendim, Arnor
They Truff't Us
Paroles de voyageurs et de seigneurs
"Best investissment EVER"
"Super sympa les gars !"
"Avec une bonne pipe y'a rien de mieux."
"Et en plus ils les cuisinnent directement chez vous !"
"ça vaut clairement le détour"
La rencontre des Fieffés
C'est Ah-l'Bâtard qui avait tout organisé. Fils de personne, meneur d'hommes improbable, et organisateur de défis que les gens sensés auraient fui. Ce jour-là, il avait lâché plusieurs équipes dans les souterrains d'une ruine d'Angmar. On nous avait dit une seule chose : un mal régnait dans ces profondeurs. Rien de plus. Pas d'objectif clair, pas de consigne précise. Débrouillez-vous.
Nous ne nous connaissions pas lorsque le cor retentit.
Deux jours. Deux jours dans le noir, à arpenter des couloirs suintants, à tendre l'oreille, à chercher ce mal dont on nous avait parlé. Nous ne le trouvâmes jamais. D'autres équipes s'entre-déchirèrent en chemin, convaincues que l'ennemi se cachait derrière chaque porte — ou dans l'équipe d'en face. Nous, nous passâmes comme des ombres. Pas un coup inutile. Pas une lame tirée sans raison.
Au bout de deux jours, nous ressortîmes à la lumière, bredouilles mais intacts. D'autres équipes émergèrent aussi, plus ou moins amochées, plus ou moins complètes.
Ce fut le Messager Bleu d'Ah-l'Bâtard qui trancha. Il avait tout observé depuis les galeries supérieures, notant, jaugeant, pesant. Son verdict fut sans appel : la victoire était nôtre. Non pas pour avoir trouvé le mal — personne ne l'avait trouvé — mais pour la manière dont nous avions traversé l'épreuve.
Ah-l'Bâtard fut suffisamment impressionné pour nous confier une mission des plus périlleuses.
Ce qui suivit mériterait des volumes. Les Landes d'Etten par une nuit sans lune. Des embuscades. Un pont de corde au-dessus du vide. Mille périls traversés ensemble.
Mais la vraie révélation vint dans un moment de calme.
Un soir, dans un bois de chênes noueux, l'un des nôtres revint les mains terreuses, un sourire béat aux lèvres. Dans ses paumes — une truffe. Noire, dense, au parfum qui fit taire tout le monde.
Alors les langues se délièrent. L'un connaissait des baumes à base de truffe. Un autre en tirait des encres rares. Un troisième avait dressé un chien pour la traque souterraine. Chacun, sans le savoir, portait en lui cette même passion enfouie — comme la truffe sous la terre.
Ce n'était ni Angmar, ni la mission, ni le danger qui nous liait vraiment.
C'était la Truffe. La chasser, la cuisiner, en découvrir mille usages.
Au retour, quelqu'un dit le nom.
— Nous serons les Fieffés Truffiers.
Un rire. Puis un autre. Et le pacte fut scellé.
L'Ombre de Salbâtard
Le repos est une denrée rare chez Ah-l'Bâtard, et souvent, il a le goût du sang.
Nous pansions nos premières écorchures quand un homme s'effondra au seuil de la demeure. C'était un messager, ou ce qu'il en restait : ses braies étaient en lambeaux et son visage portait la marque de la terreur. Il avait été pris en chasse par une engeance que nous ne connaissions que trop bien par réputation : les Fieffés de Salbâtard. Ces bandits de grand chemin, nés de la fange et de l'opportunisme, s'étaient emparés d'un vieux fortin niché dans les replis rocheux des montagnes du Nord.
Pour les Truffiers, le calcul fut vite fait. On ne laisse pas des brigands souiller les sentiers où pourraient pousser de précieux champignons. Nous prîmes la route au crépuscule.
Dès que nous posâmes le pied dans l'enceinte du fortin, l'instinct qui nous servait autrefois à débusquer la truffe sous l'humus se mua en un sens aigu de la survie. Nous comprîmes à l'instant même que l'acier pur ne suffirait pas. Un Truffier ne fonce pas tête baissée ; il observe le terrain, il soupèse les forces en présence, il utilise ce que la terre lui offre.
Le fortin n'était pas qu'un tas de pierres : c'était une arme que nous devions retourner contre ses occupants.
D'un regard, le signal fut donné. Pourquoi s'épuiser à percer des armures quand le feu est à portée de main ? Nous fîmes directement usage des braseros qui fumaient dans la cour. D'un geste précis, nous transformâmes l'environnement en un brasier punitif, immolant les bandits dans un ballet de flammes. Mais la sauvagerie a plusieurs visages : l'un des nôtres fut pris à partie par une meute de chihuahuas dégénérés. Ces bêtes de l'enfer, petites mais féroces, le mirent à mal avec une hargne que même les Orques ne possèdent pas.
Alors que la victoire nous tendait les bras, le destin joua un tour pendable. Trois bandits, acculés au sommet de la tour de garde, semblaient pris au piège. C'était sans compter sur la prévoyance — un peu trop zélée — de l'un de nos compagnons. Par peur de devoir quitter les lieux précipitamment, il avait, à notre insu, fixé une corde aux rem_parts dès notre arrivée. Une voie de sortie discrète. Les bandits la virent. Sous nos yeux médusés, ils se laissèrent glisser dans la nuit, nous laissant le fort, mais emportant leur vie.
Dans le silence qui suivit le combat, au milieu de la poussière retombée, nous fouillâmes les décombres. C'est là, dans une besace de cuir rance, que nous trouvâmes le parchemin.
Les ordres étaient clairs : les brigands devaient amasser des vivres pour des renforts imminents. Leur cible ? Le village de Ceux-qui-construisent-un-village-autour-d-un-tertre-de-plus-de-3000-ans. Un nom aussi long que leur histoire, un havre de paix champêtre désormais menacé par une lame de fond qui nous dépasse.
Nous sommes redescendus vers la demeure d'Ah-l'Bâtard. Les blessures cuisent, le doute s'installe, mais l'information brûle nos poches. Nous avons un village au nom imprononçable à sauver, et sans doute, quelque part sous ce tertre millénaire, des secrets que seule une truffe bien enterrée pourrait égaler.
La guerre est déclarée, et les Truffiers n'ont pas encore fini de creuser.